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par Ouzo groupe Oaï - Fédération Anarchiste Marseille • le 15 septembre 2026
Le Centre Ascaso-Durruti fête ses 30 ans. Interview de l’athénée libertaire montpelliéraine
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Ouzo : Salut comp@s ! Est-ce que vous pouvez nous présenter le CAD ? Comment il s’inscrit dans l’histoire du mouvement anarchiste à Montpellier ? Comment est né le projet de récupérer les archives d’Abel Paz à Barcelone ?
CAD : Le Centre Ascaso-Durruti est né en 1996 autour d’un petit groupe d’anars, dont un certain nombre d’enfants de réfugiés espagnols. Au départ, Diego cherchait un lieu pour accueillir sa bibliothèque. Quand on dit « Diego », on parle de Diego Camacho qui est plus connu sous son nom de plume, Abel Paz. Il a publié différents ouvrages dont Durruti, le peuple en armes, son livre le plus connu et traduit en plusieurs langues. Au fil des années, le fonds de Diego a été enrichi par d’autres dons, et le CAD est devenu un centre de documentation de 6 000 livres à la consultation ou à l’emprunt, la plupart en français et en espagnol, mais aussi en d’autres langues. Et on peut bien sûr consulter les archives collectionnées par Diego et qui portent sur la révolution espagnole, sur la période franquiste mais aussi sur Mai 68.
En ce qui concernent les livres, ils traitent de l’anarchisme en général dans toute sa diversité historique, philosophique ou géographique. Il y a un gros rayon sur l’Espagne bien sûr, des classiques de l’anarchisme mais aussi des livres contemporains. Nous avons par exemple la collection quasi complète de la revue Réfractions (un certain nombre de membres du CAD sont impliqué.es dans l’histoire de la revue).
Au-delà du centre documentaire, le CAD reste vivant depuis 30 ans, d’abord et surtout grâce aux évènements qui s’y déroulent : conférence, projection, débat, chants, et auberge espagnole !
Par rapport aux autres organisations montpelliéraines, le CAD n’est pas une organisation politique en tant que telle. On poursuit d’abord des buts culturels même si on y croise souvent des militants. C’est un centre anarchiste sans autre étiquette, ouvert à tous les courants de l’anarchisme.
Enfin, le CAD est ouvert à la diversité des luttes ; un certain nombre de nos soirées portent sur les luttes écologistes, féministes, contre l’enfermement, antiracistes, etc. Pour une histoire incarnée et illustrée du CAD, on peut trouver sur Internet un article de 25 pages intitulé Le CAD et les pratiques culturelles libertaires à Montpellier, écrit par Isabelle Felici.
Ouzo : Comment fonctionnez-vous au sein du CAD ?
CAD : Il y a un noyau dur d’une douzaine de personnes qui animent le lieu. On se réunit une fois par mois et on décide des évènements à venir en fonction des envies, de nos disponibilités, ou des sollicitations. Il y a 2 ans, nous avons fait le choix de qualifier le CAD d’ « Athénée libertaire », posant ainsi une intention d’ouvrir davantage le lieu, aussi bien sur le quartier et la vie quotidienne. On a cette chance immense d’être propriétaire des murs, qui plus est en plein centre, à deux pas de la gare. Donc notre local est aussi devenu un lieu d’accueil pour des groupes de camarades qui ont besoin de se réunir ou d’organiser des évènements (chorale, ADN, Maudite Soit la Guerre, Barricade, La Tenaille, etc..). Actuellement, un groupe entame un vaste chantier de restructuration du fonds afin d’améliorer sa visibilité aussi bien physique que numérique, à l’image du CIRA de Marseille et de Lausanne.
Ouzo : Vous pouvez parler de la Fédération internationale des centres d’études et de documentation libertaires (Ficedl) ?
CAD : La FICEDL cherche à fédérer les centres de documentation anarchistes de par le monde. Aujourd’hui le site https://ficedl.info/ recense plus de 70 centres. Mais depuis 10 ans, il ne s’est quasiment rien passé au sein de la FICEDL. Or cette année, les centres libertaires de Bologne et de Milan cherchent à relancer une dynamique en organisant des rencontres qui auront lieu du 11 au 13 septembre. Le programme peut être consulté ici : https://ficedl2026.bida.im/. Affaire à suivre !
Ouzo : Merci compagnon-es de partager ça. Est-ce que vous voulez ajouter quelque chose ? Un mot de la fin ?
CAD : Oui merci ; on a quelques annonces à faire :
Pour fêter les 30 ans du CAD, nous organisons une grande journée de fête le 19 septembre à Montpellier à la Tendresse (80 Imp. Flouch, 34070 Montpellier). Il y aura des tables de presse de différentes organisations et bibliothèques militantes, la projection du film Diego, une expo qui retrace les évènements organisés par le CAD, des chants, un atelier « Construire la commune » organisé avec les camarades de Barricade, des repas à prix libre, et pour finir un concert de Karma Sista.

Et puis, le 9 octobre, le CAD organise un colloque à la faculté de Montpellier à l’occasion du 90ème anniversaire de la révolution espagnole. Il portera sur l’œuvre constructive de la révolution espagnole, en présence de François Godicheau, Arianne Miéville, Mireille Gonzalbo et Amado Mercellan.
Un dernier mot : Ces dernières années, le CAD a perdu quelques figures importantes de son histoire, Ronald Craegh et Antoine Sanchez. Puisse cet interview leur rendre hommage.
Un grand merci à toi de nous avoir proposé cette interview !
Ouzo : Merci comp@s. Santé et lutte au CAD et à tous.tes les compagnon-es qui le font exister !
Qu’il vive 30 ans de plus !!
Ouzo
groupe Oaï - Fédération Anarchiste Marseille
Permanence du CAD les samedis après-midi 14h30-17h30 et infos des évènements sur
https://www.aleale.org/place/Centre%20Ascaso-Durruti%20(Montpellier)
PAR : Ouzo groupe Oaï - Fédération Anarchiste Marseille
Groupe Oaï - Fédération Anarchiste Marseille
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